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Dois-je changer de partenaire ?
Categories: Questions réponses

Dois-je changer de partenaire ?

Si je ne connais pas de plaisir sexuel dans mon couple, dois-je changer de partenaire ?

7 Comments to “Dois-je changer de partenaire ?”

  1. ShamanSWife dit :

    Je pense qu’il n’y a pas de règle : « je dois » ou « je ne dois pas » sont des formules qui n’ont pas lieu d’être.

    La question à se poser serait plutôt : Est-ce que cela me pose un problème ? Et si oui, il vaut sans doute mieux que je change de partenaire.

    Rester des années avec des partenaires qui me frustraient sexuellement (intentionnellement), je l’ai fait et j’ai été malheureuse pendant… 28 ans. Alors il est hors de question que je tolère de nouveau de vivre avec quelqu’un qui ne me satisfasse pas sexuellement. Dans ce cas, je préfèrerais vivre seule que mal accompagnée. De ces relations passées, je garde de la rancœur, car il y avait volonté manifeste de me nuire par la frustration. En supposant que l’être aimé ne soit pas en mesure, pour des raisons indépendantes de sa volonté, de me combler sexuellement, je resterais avec lui, mais j’aurais d’autres partenaires en parallèle. Ce qui me semble motiver de quitter quelqu’un, c’est quand il en a les capacités, mais qu’il refuse de fournir un effort. Je ne veux plus pardonner ce genre de comportement, que je trouve pervers. Je crois même que maintenant, je pourrais même en devenir féroce. Trop de rage accumulée au fil des ans.

    Il est connu que beaucoup de femmes usent de la frustration sexuelle de leur compagnon pour les dominer, les asservir, les manipuler. Mais il existe aussi beaucoup d’hommes qui se livrent à ce genre de manipulation tordue. Un être humain, qu’il soit homme ou femme, s’étiole et devient facilement la proie d’angoisses, de déprime voire de dépression dès lors qu’il(elle) est frustré(e). C’est alors qu’il est facile de le rendre dépendant affectivement, sexuellement, et même dans d’autres domaines. C’est une arme stratégique redoutable : « si tu veux faire l’amour avec moi, tu dois m’obéir ou te sacrifier… » Et voilà comment on fait glisser la relation amoureuse vers une relation dominant/dominé, comment on transforme l’être aimé(e) en larbin, comment on le(la) détruit, on anéantit sa joie de vivre, sa volonté, son rayonnement social, comment on peut même en arriver à le tuer. Ce sont des attitudes intolérables que maintenant, je rejette totalement. J’ai failli y laisser ma peau, j’en connais le prix.

  2. Bonjour ShamanSWife et merci pour vos commentaires très pertinents et éclairants je crois.

    Je me permets de souligner que, si vous avez sans nul doute raison de souligner ces mécanismes qui vous ont blessée, on peut aussi essayer d’en tirer des enseignements positifs et une attitude dans le même sens.

    Vous connaissant, je sais que cette « agressivité » n’est pas votre attitude personnelle, et que nos lectrices et lecteurs ne s’y laisseront pas tromper : Il convient en effet dans l’idéal de laisser s’épanouir une relation dans la liberté et le partage sans calculs.

    C’est l’idéal…

  3. Bonjour,

    Je rejoins tout à fait le fait de vous retourner la question que vous posez.

    Vous êtes très attaché(e) à elle (lui) et souhaitez construire quelque chose avec elle (lui).

    Alors vous pouvez parler avec elle (lui) de cette question.

    Évitez alors de lui faire porter le chapeau et vice-versa (de vous culpabiliser).

    Une autre approche possible mais délicate est d’envisager une union libre… Si toutefois c’est accepté par votre partenaire.

    Vous pouvez faire, ensemble, appel à un conseil extérieur (et médiateur) pour vous aider.

    Bon courage !

    Marc

  4. ShamanSWife dit :

    Le piège est effectivement la culpabilité. Généralement plus lourde à porter pour une femme, car il est culturellement mal admis qu’une femme puisse être plus désirante que son homme. Non seulement elle est mal jugée socialement, mais aussi, reprenant les codes moraux de la culture ambiante, elle sera la première à se juger sévèrement, à croire qu’il est de son fait que quelque chose cloche. Cela peut être partiellement vrai (que la femme puisse avoir des lacunes dans son comportement), mais rien ne sert de se torturer avec cette idée et le mieux consiste à réaménager sa vie en fonction de ses propres besoins.

    La recherche de pouvoir sur l’autre par sa frustration est intolérable (bis), mais la différence de désir entre soi et l’autre est possible et n’empêche pas l’amour quand chacun respecte cette différence et fait preuve d’imagination pour qu’aucun des deux n’en souffre. L’idéal est de trouver sa « moitié d’orange », un partenaire à la fois ressemblant et complémentaire, avec qui on peut tout partager, avec qui on peut à la fois se suffire quand on est ensemble, et aller explorer d’autres types de relations avec des partenaires extérieurs, si cela enrichit la relation. Tout est possible, tout est bon à vivre quand on a trouvé cet alter ego, sa parèdre, son double, la pièce idéale avec laquelle on s’imbrique pour former une tierce entité. Car un couple, ce n’est pas deux, c’est trois : soi, l’autre, et la relation. Chacun étant suffisamment présent en lui-même pour donner de sa personne dans la construction de la relation. Et un couple, en tant qu’entité solide et indépendante, peut tout à fait interférer avec autrui, couple ou individu, pour construire encore autre chose. Mais on ne peut rien construire avec des pierres mal taillées au départ. Je dirais en somme que tout doit être carré dès le début, que les fondations doivent être solides, les bases clairement énoncées pour vivre la liberté.

    J’aime beaucoup la phrase de George Bernard Shaw : « Liberté implique responsabilité, c’est pourquoi tant d’humains la redoutent ». Être libre, ce n’est pas faire n’importe quoi n’importe comment : c’est respecter la liberté et l’intégrité des autres, c’est se respecter soi. Respecter la liberté des autres et faire respecter la sienne en même temps.

    Question de communication aussi : être clair, ne pas chercher à manipuler par des propos flous, dire clairement ce qu’on veut, ce qu’on ne veut pas et inviter l’autre à en faire autant. Voir ensuite s’il est possible de concilier les désirs de l’un avec ceux de l’autre.

    Pour en revenir à l’usage de la frustration pour asservir… Les hommes comme les femmes sont victimes dans cette histoire, même les « bourreaux » : ceux qui frustrent le partenaire se frustrent d »abord eux-mêmes. Personne ne peut être gagnant.

    Pour employer un terme de management : il vaut mieux jouer gagnant-gagnant et celui qui applique cet adage en récoltera toujours quelque chose de positif. On ne construit pas en se privant pour priver l’autre, dans l’illusion que ça pourrait l’amener à être meilleur(e). De même qu’on ne construit pas non plus en s’arrogeant tous les droits au détriment de l’autre. Il arrive un moment où ce fonctionnement atteint ses limites, où chacun finit par craquer et balancer ce schéma destructeur, s’il parvient à dépasser le risque de se « balancer » lui-même.

    Je n’aime pas user de citations, mais je pense que c’est parfois justifié. Pour reprendre une pensée de Scott Peck (« Le chemin le moins fréquenté ») : « aimer, c’est vouloir grandir avec l’autre », l’aider à grandir pour grandir soi-même. La joie de vivre du partenaire étant la base de notre propre joie de vivre et réciproquement. Ce n’est pas facile, mais nettement plus valorisant que de se complaire dans la souffrance (de soi et de l’autre).

    Je ne suis effectivement pas d’un naturel agressif, mais je tente le plus possible d’identifier ma propre agressivité pour la gérer et en faire quelque chose de positif. Sans avoir non plus la prétention d’y parvenir, mais je fais mon possible. Dans certains cas, la rage est salutaire : elle nous donne l’impulsion de réformer certaines choses dans nos vies, c’est une énergie, un processus dynamique qui porte aux changements. L’essentiel n’est ni de la balancer sur les autres ni de la laisser nous détruire, mais bien de l’utiliser comme un carburant. Ma rage envers mes ex, je ne l’utilise pas contre eux, ce serait du gaspillage (on ne change pas les gens). Mais j’essaie de m’en servir maintenant pour me protéger, me défendre si nécessaire et la vigilance qui en résulte me permet d’éviter certains pièges.

    Agressivité, libido, désir, énergie… Sont intrinsèquement liés et peuvent produire le pire quand on les utilise mal, comme le meilleur quand on sait les identifier et les gérer pour construire : se construire soi, construire la relation à autrui, se construire soi-même dans la relation, aussi.

    Reconnaître son propre fonctionnement, reconnaître celui du (de la) partenaire et chercher ensemble des solutions/aménagements qui permettent aux deux « associés » de s’épanouir dans la relation. Si des tiers peuvent jouer un rôle dans la relation, pourquoi pas ? A partir du moment où les uns respectent les autres et se comportent de façon responsable, digne, affectueuse, sincère, mature… Tout est possible. Ce n’est peut-être pas donné à tout le monde, il faut avoir le courage de s’introspecter avant de juger autrui, et celui de ne pas chercher à être autre chose que ce qu’on est. Rien n’est facile, mais il y a récompense : aimer, être aimé, jouir, vivre, créer, construire…

    Je ne fais pas de miracles, ma vie n’a rien de miraculeux, je fais ce que je peux, mais je le fais. Et la rencontre que j’ai faite ces derniers mois, elle, tient du miracle. Merci la vie !

  5. carolann dit :

    Nous interagissons entre nous : pour répondre au sujet, mais la personne concernée, s’il y a, pourrait également interagir, je le souhaiterais à l’avenir.

    Personnellement , je comprends bien ce que Shaman a pu dire , parce qu’intellectuellement je n’ai pas de soucis pour lire ce genre de commentaire , mais qu’en est il de l’expéditeur de ce message ?

    J’aime bcp ce qui est écrit , et les témoignages de Shaman sont tres bien formulés et tjs bien argumentés comme dans un livre.

    Mais que conseiller à une personne qui pose cette question , que ressortir de ce verbiage le plus simplement et le plus concis possible ?

    Shaman pourrais tu résumer ta dissertation ci dessus ?

  6. Shaman's Wife dit :

    Ce sont des choses difficiles à résumer en quelques mots. Là, Je préfère mettre de l’ordre dans mes formulations, plutôt que de les réduire.

    Je vais reformuler cela sous la forme de questions à se poser :

    1 – Suis-je insatisfait(e) de façon générale (avec tou(te)s mes partenaires) ou uniquement avec ce(tte) partenaire ?

    2 – Dans le cas où ce n’est qu’avec ce(tte) partenaire, cette insatisfaction tient-elle à un problème de fréquence des relations sexuelles, ou de leur qualité ?

    3 – Fait-il (elle) exprès de me frustrer ? Se sent-il (elle) concerné par le problème que ça me pose ?

    4 – Compense-t-il (elle) ce manque par des mots (mots affectueux par exemple), ou des actes (attentions particulières, collaboration enthousiaste) démontrant qu’il (elle) privilégie sa relation à vous ou se montre-t-il (elle) plutôt indifférent(e) ?

    5 – Partage-t-il (elle) son relationnel avec le vôtre ? Vous présente-t-il (elle) ses amis et accepte-t-il (elle) les vôtres ? Est-il (elle) fier(e) de vous et de partager des activités sociales avec vous ?

    6 – Avez-vous des centres d’intérêts communs et quelle importance prennent-ils entre vous ?

    7 – En avez-vous parlé ensemble et avez-vous obtenu des réponses sur les raisons de cette absence de plaisir sexuel ? Que ressentez-vous en entendant ses réponses ? Vous semblent-elles sincères ou non ?

    8 – Si votre partenaire semble sincèrement préoccupé par votre frustration et tient à vous, accepterait-il (elle) que vous ayez des relations sexuelles avec d’autres partenaires de temps en temps ?

    9 – Idem s’il est sincère : accepterait-il de vous écouter pour modifier sa façon de s’occuper de vous, à condition que vous sachiez en quoi il(elle) pourrait modifier son comportement sexuel ? Lui avez-vous donné des clés qui lui permettent de mieux s’occuper de vous ? Lui avez-vous fourni des explications sur votre fonctionnement ?

    10 – Idem encore : accepterait-il (elle) de partager avec vous des moments de plaisir avec d’autres personnes, pour en retirer des enseignements qui pourraient vous servir ensuite entre vous ?

    11 – Si vous êtes un homme et que votre femme ne semble pas prendre de plaisir, pensez-vous qu’elle connait bien son corps et son fonctionnement ? Auquel cas, vous pourriez l’encourager à mieux s’explorer en solitaire (avec ou sans vous) pour mieux vous guider ensuite. Lui avez-vous demandé ce qui lui plait, ce qu’elle aimerait faire avec vous sans jamais avoir osé vous le dire ?

    12 – Si vous êtes une femme et que votre homme semble manquer de désir, pensez-vous qu’il s’agisse d’un manque d’intérêt pour vous ? Essayez aussi de vous souvenir s’il a été ainsi dès le début, ou si cette situation s’est installée au fil du temps. Lui avez-vous demandé ce qui lui plait, ce qu’il aimerait faire avec vous sans jamais avoir osé vous le dire ?

    Pour les questions 11 et 12 : il est important que votre partenaire sache que vous ne le (la) jugez pas sur ses préférences et qu’il (elle) a le droit d’avoir des désirs particuliers. Que vous soyez ou non prêt(e) à les exaucer. Voir ensuite s’il y a moyen de trouver des solutions qui lui apportent ce qui lui manque.

    Il doit y avoir d’autres questions à se poser, et vous pouvez en ajouter d’autres.

    Une fois qu’on a réfléchi à ces questions, on peut – je pense – se faire une idée globale de ce qui se passe et choisir la solution la plus adaptée à la situation : soit rester avec son partenaire parce qu’on aura trouvé des aménagements qui satisfont les deux, soit le quitter pour vivre de façon plus conforme à soi-même. A chacun de voir…

    Mais je persiste à penser que l’Amour est la clé du désir et du plaisir et que quand on aime son ou sa partenaire, on est prêt à donner beaucoup de sa personne pour ne pas le(la) laisser frustré(e) sexuellement. Donc que si le (la) partenaire ne semble pas beaucoup se préoccuper de combler l’autre sexuellement ou refuse de l’aider à trouver son plaisir, c’est que l’amour n’est peut-être pas assez fort. C’est en fait le constat le plus difficile à faire et à admettre.

  7. Shaman's Wife dit :

    Comme vous le voyez, je ne veux pas résumer, car la vie et les êtres ne se résument pas. Cependant, je peux donner le fond de ma pensée et de ce que mon expérience m’a appris :

    Quand on AIME, on ne frustre pas et on trouve toujours des solutions pour satisfaire sexuellement son partenaire.

    « Point/barre » !

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